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samedi, septembre 08, 2012

Barbe bleue de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
« La colocataire est la femme idéale. »

Que serait la rentrée littéraire sans Amélie Nothomb? Pour moi, ce ne serait plus vraiment la rentrée littéraire puisque j'attends chaque année avec impatience son nouvel opus.

Saturnine Puissant vie en colocation à Marne-la-Vallée avec son amie Corinne mais elle ne supporte plus de dormir sur le canapé qui sent le tabac froid. Elle croit rêvé quand elle lit une annonce de colocation dans le VIIème arrondissement pour un loyer de 500euros. Pourtant c'est bien elle qui est choisit comme colocataire parmi toutes les candidates...

On retrouve dans son 21ème roman le style habituelle d'Amélie avec ses prénoms farfelues, ses personnages singuliers, son ton sarcastique et les thèmes qui lui sont chers: L'amour et la religion entre autre.
Comme le titre l'indique, elle revisite dans ce livre le célèbre conte pour enfants Barbe bleue.
Saturnine va en effet devenir la colocataire de don Elemirio Nibal y Milcar, aristocrate espagnol qui ne sort plus de chez lui depuis vingt ans. Jusque là vous allez me dire, quel est le rapport avec Barbe bleue? Et bien lorsque Saturnine attend son entretien avec les autres candidates à la colocation, elle apprend qu'on ignore ce que sont devenues les huit précédentes colocataires de don Elemirio...

J'ai beaucoup aimé ce nouveau roman Nothombien. L'héroïne m'a beaucoup plu. Elle est intelligente et ne se laisse pas impressionnée par don Elemirio. Ses répliques où transparaissent l’ironie de l'auteur m'ont beaucoup fait rire. Les dialogues entre les personnages principaux, qui constituent le plupart du roman, sont jouissives. A travers Barbe bleue, Amélie nous propose quelques réflexions sur l'amour: sa naissance, son caractère incontrôlable, la confiance et les secrets au sein d'un couple.

Les fans d'Amélie Nothomb ne pourront qu'aimer Barbe bleue puisqu’on y retrouve les ingrédients habituelles de ses romans. Même après vingt-deux romans on ne se lasse pas. L'auteure revisite de façon originale et drôle le célèbre conte.

vendredi, août 19, 2011

Tuer le père de Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Allez savoir ce qui se passe dans la tête d'un joueur.
Que peut-il bien se cacher derrière cette unique phrase en guise de résumé? C'est la question que l'on se pose chaque année en découvrant le dernier roman d'Amélie Nothomb.

Lors d'une soirée, Amélie est intrigué par l'attention que suscite un joueur de poker et remarque qu'un seul homme l'ignore. Dans ce roman elle nous rapporte la relation étrange qui lie ces deux hommes, Norman Terence et Joe Whip.
Lorsqu'ils se rencontrent, Joe a quatorze ans et rêve de devenir magicien, ce qui tombe plutôt bien car Norman est un des plus grand dans le métier.

Puisque l'auteure, elle-même apparait dans le récit, on se demande tout de suite s'il s'agit d'un de ses romans autobiographique ou d'une histoire totalement fictive. Après avoir refermé ce livre je me pose toujours la question. Où va t-elle chercher tout ça? L'atmosphère est étrange, malsaine. D'ailleurs le titre nous préviens, il est question du complexe d'Oedipe.

En effet, même si Joe ne connait pas son père biologique et est en quelque sorte mis à la porte par sa mère, Norman va le prendre sous son aile et le traiter comme un fils. Le lecteur s'attache également à Joe malgré le mystère qui l'entoure. C'est un élève brillant habile de ses mains mais asocial et attiré par la triche.

Le style de l'auteure est simple, concis sans fioriture ce qui renforce le sentiment d'étrangeté. Malgré son apparition pendant l'incipit, Amélie s'efface totalement derrière ses lignes. Elle aborde certains de ses thèmes récurrents à savoir la beauté, la passion et l'adolescence mais ne les développe pas. Il manque un peu de profondeur et de son cynisme habituelle. Elle narre seulement une histoire mais ne nous fait pas une de ses grandes révélations métaphysique. Néanmoins, c'est une lecture très agréable pour l'été: Le roman est très court et se lit très facilement. L'auteure nous offre un astucieux mélange de magie et de festival hippie sous la chaleur du désert américain. L'histoire est captivante du début à la fin. Celle-ci est plutôt inattendu et laisse perplexe. Quel est le but de cette histoire? Que doit-on comprendre à travers les lignes ? On découvre qu'il est question de confiance et de trahison. Que se passe t-il dans la tête des gens et en particulier dans celle d'un joueur?

samedi, août 13, 2011

Attentat de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
Epiphane Otos serait-il condamné, par sa laideur, à vivre exclu de la société des hommes et interdit d'amour ? Tour à tour martyr et tortionnaire de ses contemporains, il sera ambassadeur de la monstruosité internationale, juré d'un concours de beauté au Japon , mais aussi et surtout, amoureux. Car que peut une âme sensible enfermée dans un corps disgracié, sinon vénérer l'absolu sous les traits d'une femme ?
Et voila, en terminant ce livre, j'ai lu tous les Nothomb publiés à ce jour (le prochain arrive dans quatre jours...).

Celui-ci n'est pas mon préféré, il manque un peu d'originalité et de cynisme. Le thème est plutôt simpliste à première vue, à savoir la dualité beauté/laideur mais cela va un peu plus loin. L'auteure nous fait en effet réfléchir sur la normalité et le conformisme mais aussi sur la subjectivité de la beauté.

Pour cela, elle nous présente Epiphane. Il est laid depuis sa naissance et ne s'est pas arrangé avec le temps. Mais il n'a pas honte de son apparence. Il aime voir les réactions des passants quand ils l'aperçoivent et lui contemple la beauté des autres. Il s'est interdit d’espérer de susciter l'amour d'une femme pourtant lorsqu'il rencontre Ethel il ne peut s’empêcher de rêver.

Il est attachant et touchant. Ses réflexions sont intéressantes et nous font réfléchir sur notre société. Ethel m'a beaucoup plu au début. Elle ose dire ce qu'elle pense même si son opinion est souvent différente des autres. Elle ne repousse pas Epiphane et devient son ami. Elle ne surestime pas l'apparence de celui-ci ni ne le plaint. Je l'ai moins aimé lorsque après s'être épris d'un autre homme elle change d'attitude.

A travers cette histoire, Amélie critique notre société et notre hypocrisie. Même si Epiphane étant laid voudrait que l'on voit à travers lui sa beauté intérieure, lui-même s'éprend d'une femme qu'il qualifie comme la plus belle.Au contraire, Ethel est touché par les mots d'Epiphane mais ne peut tomber amoureuse de lui à cause de sa laideur. Pourtant, l'auteure nous prouve que les histoires d'amour impossible n'existe pas...
Elle dépeint également le milieu du mannequinat où les femmes sont toutes semblables et ont un regard vide. Notre idéal de beauté est en effet conditionné par la société, la beauté n'est-elle pas par définition subjective?

Quelques longueurs m'ont plutôt ennuyées, en particulier le monologue épistolaire d'Epiphane. La fin est surprenante et tragique mais ne m'a pas totalement convaincu.
Le style de l'auteure est toujours le même: quelques mots compliqués par ci, par là, des prénoms peu communs, une touche de cynisme et d'humour noir.

C'est un roman court, qui nous propose des réflexions intéressantes sur la société avec des personnages attachants mais avec quelques longueurs.
Il me reste quand même quelques textes inédits à lire d'Amélie que l'on peut trouver sur ce site http://antechrista.info/ si ça intéresse certains :)

Le mystère par excellence de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
Manuel, le meilleur ami de Jacques est tombé fou amoureux d'Hélène. Jacques brûle de la rencontrer. Elle doit être tellement belle, tellement brillante cette jeune fille qui a su séduire le plus courtisé des avocats bruxellois! Mais Hélène n'est ni jolie, ni intelligente et elle n'aime même pas Manuel qui l'adore. Pour Jacques, c'est le mystère par excellence.
J'ai appris très récemment l'existence de ce livre puisqu'il n'est pas commercialisé. Il a en effet été écrit spécialement pour les adhérents du Club Le Grand Livre du Mois mais on peut le trouver facilement en vente sur internet.

Il s'apparente plus à une nouvelle qu'à un roman, il ne fait en effet que quarante pages.
Il nous expose l'inquiétude de Jacques lorsque son meilleur ami Manuel tombe amoureux d'Hélène. Manuel a tout pour lui, la beauté, l'intelligence et une brillante carrière d'avocat en perspective. Des femmes plus belles les unes que les autres et pas moins intelligentes se sont succédées à ses côtés pourtant aucune ne lui a vraiment plus. Hélène est irréprochable mais insignifiante. Elle ne s'intéresse à rien et n'a aucune qualité digne de ce nom. Ce qui plait à Manuel chez Hélène reste un mystère pour son meilleur ami, il va donc essayer d'en savoir plus.

C'est Manuel, le narrateur de cette histoire. On sait peu de chose sur lui ainsi que sur les autres personnages. C'est une histoire de la vie de tout les jours que nous conte Amélie. Le mystère de l'amour et les complications qu'il amène entre deux amis. Malgré la banalité de cette anecdote, le cynisme de l'auteure fait mouche et nous fait sourire. Les sarcasmes du narrateur envers Hélène sont jubilatoires.

Ce roman ne se lit même pas en une heure. J'aurai aimé qu'il soit plus long, plus développé et qu'on apprenne plus de choses sur Hélène. Néanmoins c'est une lecture très agréable et qui permet de faire une pause entre deux pavés.

dimanche, juillet 17, 2011

Métaphysique des tubes de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
"Ensuite, il ne s'est plus rien passé. "
N'ayant pas beaucoup de temps pour lire, je privilégie les lectures courtes et rapides, rien de mieux qu'un Nothomb !
Métaphysique des tubes est un roman autobiographique où Amélie nous dévoile son existence de 0 à 4ans. Puisque dans ce laps de temps nos activités se résument à la déglutition, à la digestion et à l'excrétion, elle nous qualifie de tube. Ce roman se déroule au Japon, il rejoint Biographie de la faim et Le sabotage amoureux qui se déroule ultérieurement en Chine.

A travers ce livre, elle explore la psychologie infantile. Elle nous conte sa découverte du monde et plus particulièrement du plaisir. Elle se rappelle parfaitement son état d'esprit à ce moment et ses délires métaphysiques. Malgré que ses agissements et ses pensées peuvent paraitre étranges, cela fait écho en nous et ils nous rappellent notre propre enfance même si nos souvenirs de cette époque sont plutôt pauvres voir inexistants. On repense avec nostalgie à nos premières années et c'est avec talent que Amélie nous les fait revivre. Elle nous fait également beaucoup réfléchir sur différents sujets en particulier sur la vie et la mort et bien sur l'enfance.

Nous sommes frappés par son arrogance: elle se prend pour Dieu, ceux qui l'entourent doivent presque se prosterner devant elle et pour son plus grand plaisir sa gouvernante Nishio-San lui voue un véritable culte.
Amélie fait preuve de beaucoup d'auto-dérision dans ce roman. Elle se moque d'elle-même et fait de nombreux sarcasmes qui nous font à tous les coups sourire.
Certaines anecdotes sont vraiment à mourir de rire, je pense en particulier à ses trois carpes alias la trinité car prénommés Jésus, Marie et Joseph.

Il n'y a pas d'intrigue, c'est plutôt l’évocation des souvenirs de l'auteure. Comme elle le dit elle-même dans le roman, c'est aussi pour garder une trace , des souvenirs précieux de ces premières années. Puisque ce livre parle de la même personne, il ressemble beaucoup à Biographie de la faim et Le sabotage amoureux. On a parfois l'impression qu'elle se répète mais c'est plutôt agréable de lire sa biographie par petit épisode et de rassembler les pièces du puzzle plutôt que de lire un gros volume. Celui-ci est particulièrement court et se lit en seulement quelques heures. Amélie joue avec les mots, utilise de nombreuses figures de style et s'en amuse. Pour le lecteur également ses jeux de mots sont jubilatoires. Elle manie audacieusement le vocabulaire familier tout comme le soutenu. Ce n'est pas mon Nothomb préféré mais il est très agréable à lire et l'humour est omniprésent.

lundi, juin 27, 2011

Stupeur et tremblements suivi par Les myrtilles de Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Au début des années 90, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie, sociale au pays du Soleil levant. D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière. Une course absurde vers l'abîme -image de la vie-, où l'humour d'Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne.
Encore un Nothomb ! J'avoue je n'ai pas pu résisté à l'appel du coffret collector et de la nouvelle inédite.
J'ai relu avec plaisir ce roman qui est un des mes préférés de l'auteure. Celui-ci est autobiographique, Amélie y raconte en effet son travail au Japon au sein de l'entreprise Yumimoto.

Malgré qu'elle commence au plus bas de l'échelle sociale, la narratrice est optimiste quant à son avenir dans la firme. Depuis qu'elle a quitté le Japon lorsqu'elle était enfant, elle a toujours rêvé d'y revenir. En travaillant chez Yumimoto, elle réalise son rêve bien que la vie au Japon soit plus difficile qu'elle ne l'imaginait.

C'est un véritable choc des cultures qu'elle va vivre pendant un an. Seul occidental à son travail, elle va être constamment rabaisser par ses supérieurs et victimes de nombreux préjugés. Plutôt que de désespérer (ou de se suicider comme il est fréquent au Japon), elle prend la situation avec humour et se tourne elle-même en dérision. Elle ri de son audace face à la hiérarchie et s'amuse à respecter méticuleusement les coutumes locales non sans se retenir de rire.
Bien sur, elle en profite pour analyser et dénoncer les mœurs absurdes et l'injustice au Japon.
Les japonais n'ont pas de vie en dehors du travail. Très tôt, on empêche les petites filles de rêver, les garçons n'auront pas cette chance car tout leurs rêves seront brisés.

Les personnages sont peu nombreux. On rencontre notamment Mori Fubuki, bourreau et la japonaise parfaite aux yeux d'Amélie. Sous son apparence frigide et autoritaire semble se cacher une fragilité et des déceptions. Fubuki respecte tout les percepts que lui a inculqué son éducation mais à 29ans est toujours célibataire ce qui est considéré comme honteux au Japon.
Ce roman est peu plus gros que les autres ouvrages de l'auteur mais on ne va pas s'en plaindre !
Le dénouement m'a particulièrement plu. L'humour et la plume incisive d'Amélie sont succulents et nous font très souvent sourire.

Les myrtilles:

Les myrtilles est une nouvelle autobiographique qui se déroule simultanément de Stupeur et tremblements et de Ni d'ève ni d'Adam. Il est question de l'envie de l'auteure de manger des myrtilles, nostalgique de son pays d'origine. Elle part à la montagne à la recherche des précieuses baies et fait une rencontre inattendue.

Bien qu'elle soit très courte, cette nouvelle est très plaisante. C'est un autre aspect de sa vie au Japon que nous livre Amélie. Les pièces du puzzle entre ces livres autobiographiques s'assemblent dans nos têtes peu à peu.

Le style est très agréable. Amélie nous donne quelques explications à propose de l'écriture de ses romans et nous conte cette anecdote amusante qui fini en beauté.
De plus le fascicule comporte de magnifiques illustrations en couleurs de style asiatique.

dimanche, juin 26, 2011

Robert des noms propres de Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Pour un écrivain, il n'est pas de plus grande tentation que d'écrire la biographie de son assassin.
Robert des noms propres : un titre de dictionnaire pour évoquer tous les noms qu'aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C'est la vie de celle qui me donne la mort.
J'avais envie d'un livre court et facile à lire. J'ai opté pour un Nothomb: une valeur sure !
Tout le long de notre lecture,on se demande pourquoi ce titre mais également pourquoi ce résumé qui ne correspond pas du tout à l'histoire ! Il faut attendre les dernières pages pour mettre fin à ce questionnement.

Le début est in media res, très vite on est happé par l'histoire. On rencontre Lucette, 19 ans mariée à Fabien et enceinte de huit mois. Son entourage la désigne comme une folle mais très vite celle qu'on pensait être le personnage principal, se suicide et c'est donc sa fille née avant cet événement tragique que nous suivons dans ce roman.

Comme beaucoup de héros Nothombien, elle porte un nom à coucher dehors, imprononçable et désagréable à l'oreille: Plectrude. Accueillie par son oncle et sa tante, elle ne sait rien de ses géniteurs. Clémence, l'élève comme sa propre fille et la vénère. En effet, la petite Plectrude est doté d'immenses yeux qui suscite la fascination chez les uns et le malaise chez les autres. Un destin hors du commun semble tout tracé pour elle. Je ne l'ai pas trouvé particulièrement attachante. Elle ressemble aux autres petites filles héroïne des romans d'Amélie et donc à Amélie elle-même lorsqu'elle avait son âge.Elle voit l'enfance comme le meilleur moment de la vie et elle redoute l'adolescence car à partir de ce stade de développement pour elle, tout n'est que décadence.

On suit l'héroïne de sa naissance à l'âge adulte. A part le début et la fin, l'histoire ne m'a pas franchement emballée. Rien de nouveau comparé aux autres romans de l'auteure. Les thèmes de l'enfance des petites filles et de l'anorexie sont abordés comme dans la plupart de ses romans.
Le cynisme et l'humour noir habituels de l'auteure sont quasiment absents. Pas de répliques ou réflexions cinglantes qui nous font sourire. C'est le récit d'une vie qui oscille entre conte de fée et descente aux enfers. Après avoir refermé ce livre, j'ai appris qu'il avait été inspiré par la vie de la chanteuse française Robert que je ne connaissais pas du tout. D'après mon ami Wikipedia , les deux femmes sont amies et Amélie a écrit des textes pour la chanteuse.

Le dénouement m'a particulièrement troublé puisque que l'auteure elle-même apparait en tant que personnage ! Maintenant que je sais que Robert existe et qu'elle est son amie, je comprends mieux mais cette fin me laisse tout de même un sentiment de malaise.
Le style est plus simple que dans ses autres romans. Pas de vocabulaire compliqué, on lui connait une écriture beaucoup plus élaborée. J'ai beau ne pas aimé lorsqu'elle intègre au récit des mots dont j'ignorais jusque là l'existence, c'est une des caractéristique de sa plume et je suis un peu déçue quand elle ne m'apprend pas de nouveau mot. Par contre, j'ai beaucoup aimé la romance entre Plectrude et Mathieu, encore plus touchante lorsqu'on retrouve le nom de celui-ci dans la biographie de la chanteuse.

Ce livre n'est pas mauvais mais ce n'est pas le meilleur de l'auteure. Il est très court et se lit très rapidement. L'histoire manque d'originalité à part l'incipit et le dénouement qui rattrape le reste même s'ils sont troublants voir choquants. Avec le recul et l'idée que ce roman est en réalité une biographie romancé, je ne l'apprécie que davantage.
Quant à moi, il ne me reste plus que trois livres de l'écrivain et à découvrir la chanteuse Robert ainsi que ses titres écrits par Amélie.

samedi, juin 25, 2011

Réédition de Stupeur et tremblements de Amélie Nothomb



Le 22 juin dernier, pour fêter ses 10 ans, Stupeurs et tremblements de Amélie Nothomb a été réédité en coffret avec en plus, la nouvelle inédite Les myrtilles.
L'intégralité des bénéfices de la vente de ce coffret collector est reversée à l'association Médecins du monde, en soutien aux victimes du tremblements de terre du 11 mars 2011.
Ce coffret est vendu à un prix relativement abordable ( 6 euros 95) de plus il est d'excellente qualité.
J'ai été agréablement surprise en découvrant la couverture du livre que voici:

Recto:

Verso:En bas de chaque page figure une petite japonaise qui salue si on tourne les pages rapidement:
La nouvelle les myrtilles est imprimé recto verso sur un petit fascicule à part avec quelques illustrations en couleurs.

Que de bonnes raisons pour acheter ce livre, pourquoi se priver?
Stupeurs et tremblements est un des meilleurs livres de l'auteure, adapté au cinéma et au théâtre il a également été récompensé par le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999. C'est un de mes préférés d'Amélie :D Je vais profiter de la sortie de cette nouvelle édition pour le relire et le chroniquer sur mon blog ^^

__________

Le prochain livre de Amélie Nothomb est prévue pour le 17 aout et s'intitule Tuer le père.
La couverture vient d'être dévoilé:

jeudi, avril 07, 2011

Biographie de la faim de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
La faim, c'est moi.

Comme d'habitude, une quatrième de couverture qui ne nous apprend rien sur l'histoire qui se cache derrière ce titre.
L'auteure commence par un constat: Il existe un archipel, le Vanuatu qui ne connait pas la faim.
Tout n'y est qu'abondance. Les habitants n'ont même pas besoin de travailler, la nature leur fournit leur subsistance. Ils sont tellement rassasiés qu'ils n'ont jamais faim.

C'est ainsi qu'Amélie Nothomb en vient à nous parler de sa faim et même de ses faims. En effet, il n'est pas seulement question de la faim d'ordre alimentaire mais de la faim sous toutes ses formes. C'est-à-dire le désir provoqué par le manque et l'exaltation lorsque celui-ci est assouvi.

Ce livre est clairement autobiographique. Une petite belge, "Patrick" parcours le monde en raison de la situation professionnelle de son père. Ses aventures commencent au Japon,se poursuivent en Chine, à New-York, au Bangladesh et en Belgique.
Certains épisodes nous rappellent d'autres livres de l'auteure tel que "Stupeur et tremblements", "Ni d'Ève, ni d'Adam"ou encore "Le sabotage amoureux". Les fans seront ravis d'en apprendre plus sur la vie de l'auteure. On découvre également sa famille, son quotidien et la naissance de sa passion pour l'écriture.

Elle nous raconte les délires mystiques de son enfance. C'est ce qui me fascine chez Amélie Nothomb: elle arrive parfaitement à retranscrire les émotions,les pensées et la psychologie de l'enfance. On se reconnait à certains moments, on rit et certains épisodes nous laissent perplexes.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé l'ironie cinglante et le cynisme de l'auteure. Par contre, je ne suis pas une littéraire et beaucoup de mots de vocabulaire qu'elle utilise me sont inconnus. Cela m'a un peu perturbé au début mais je suis passé outre et ai passé un bon moment.
Je regrette de ne pas avoir pu le lire d'une seul traite, les romans d'Amélie Nothomb sont très courts et c'est toujours plus agréable de les lire en une seule fois. Je pense que je le relirai quand j'aurai plus de temps afin de mieux l'apprécier.

Ce n'est pas mon Nothomb préféré (Stupeur et tremblements, Mercure et Une forme de vie le sont ;) ) mais il m'a beaucoup plus. L'auteure me fait toujours autant rire. Dans ce livre, elle se met à nu,nous parle de sa vie de 3 à 21ans. J'ai aimé me retrouver au travers de certains de ses délires...
Il ne me reste plus que quatre livres à lire d'Amélie Nothomb :)

Extrait:
Les habitants de jamais n'ont pas d'espoir.
La langue qu'ils parlent est la nostalgie. Leur monnaie est le temps qui passe: ils sont incapables d'en mettre de côté et leur vie se dilapide en direction d'un gouffre qui s'appelle la mort et qui est la capitale de leur pays.

vendredi, décembre 31, 2010

Hygiène de l'assassin de Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre.
Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture.
Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.
Un autre Nothomb pour me détendre mais celui-ci n'a pas eu l'effet escompté...
Prétextat Tach,prix Nobel de littérature avec vingt-deux romans à son actif,est au bord de la mort. Cependant il s'enorgueillit des raisons de sa mort imminente: il est atteint d'une maladie extrêmement rare,le cancer des cartilages...
Il autorise cinq journalistes triés sur le volet par son secrétaire de l'interviewer.

Je vous le dit tout de suite: ce roman ne m'a pas plu du tout. Prétextat est un personnage abject. Il est obèse,imberbe,condescendant. Il mange des choses immondes, se trouve gentil alors qu'il est odieux. Il se divertit en humiliant ses interlocuteurs,il aime particulièrement les voir en train de vomir...

Le dernier des journalistes nous surprend. On se dit voila enfin un personnage intéressant qui va tenir tête à Prétextat. C'est ce qu'il fait grâce à quelques pics,figures de style mais au bout d'un moment il devient aussi sadique que l'écrivain.

Notre journaliste va réveiller les vieux souvenirs de Prétextat. Il est le seul à avoir lu l'œuvre intégrale du romancier. De ce fait il a compris qu'un des livre est en réalité une autobiographie inachevé.

Amélie utilise énormément de mots compliqués,de figures de style et de vocabulaire littéraire. Ceci m'a empêché de comprendre certains dialogues,certaines réparties entre les deux interlocuteurs.

L'histoire est peu crédible. De plus le titre du livre,nous révèle déjà une partie de l'intrigue.
J'ai franchement détesté,j'avais envie d'en finir avec ce livre.
Seul point positif: la couverture qui est un tableau de Millais représentant l' Ophélia de Shakespeare.

Citations:
J'aurais pu me marier quand même, ne serait-ce que pour le plaisir d'emmerder ma femme. Et bien non, car c'est là que ma gentillesse intervient: je ne me marierai pas pour épargner cette malheureuse


L'écriture commence là où s'arrête la parole, [...]

jeudi, décembre 30, 2010

Antéchrista de Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant.
Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. Comptons sur la romancière de Stupeur et tremblements (Grand Prix du roman de l'Académie française) et de Robert des noms propres pour mener à son terme cet affrontement sans merci, et nous donner du même coup un livre incisif, à la fois cruel et tendre, sur les douleurs de l'adolescence.
En pleine période de révision,je ne peux pas trop me lancer dans la lecture d'un gros pavé. Rien de mieux qu'un Nothomb court et bien écrit pour se détendre :D

Antéchrista fait partie des rares livres d'Amélie que je n'avais pas encore lu.
Blanche est une fille banale,presque invisible. A l'université,elle est toujours seule mais parce que ce n'est pas une solitude choisie,elle souffre. Elle se sent nulle,ratée. Lorsque elle aperçoit Christa pour la première fois, elle est fascinée par l'assurance et la beauté de celle-ci.
De plus, Christa lui sourit,elle lui adresse même la parole(enfin quand il n'y a personne alentour). Pour Christa qui n'a jamais eu d'amie,c'est une révélation.
Mais très vite Christa va envahir son espace vitale et détruire ses rares bonheur...

Comme la plupart des récits Nothombien,le début est in média res: on fait toute suite la connaissance des deux héroïnes. On s'attache très vite à Blanche et au contraire:on déteste Christa.

L'histoire est plutôt banale mais par son écriture Amélie va la rendre intéressante. Mêlant humour et répliques cinglantes elle décrit le bouleversement du quotidien de Blanche.
On s'identifie très facilement à celle-ci,grâce à l'utilisation de la première personne du singulier mais aussi parce que Blanche nous ressemble...

C'est toujours aussi agréable à lire,en 1h ou 2 on tourne déjà la dernière page... Amélie nous fait également réfléchir,qu'est-ce que l'on aurai fait à la place de Blanche ? Pourquoi Christa agit ainsi ?Elle montre également à quel point les gens peuvent être manipulateurs...

Quelques petit bémols quand même: certains événements sont prévisibles et la fin est plutôt décevante. Niveaux dénouement, j'ai connu mieux chez Amélie.

Citations:
J'avais seize ans. Je ne possédais rien, ni biens matériels, ni confort spirituel. Je n'avais pas d'ami, pas d'amour, je n'avais rien vécu. Je n'avais pas d'idée, je n'étais pas sûre d'avoir une âme. Mon corps, c'était tout ce que j'avais.


Toucher le fond est moins effrayant que rester à la surface de l'abject.

vendredi, octobre 08, 2010

Péplum d'Amélie Nothomb

4ème de couverture:
Cherchez à qui le crime profite. Quand un roman commence par cette phrase, on s'attend à ce que ce soit un polar. On n'a pas tort, ce livre pourrait être un polar. Sauf qu'il n'y a pas de policier.
Mais il y a un crime. Mobile : Pompéi. Arme du crime : Vésuve. Et le coupable ? Ce pourrait être le temps. À moins qu'il n'ait un alibi.


Il reste peu de livres d'Amélie Nothomb que je n'ai pas lu alors quand j'ai trouvé celui-ci lors d'une brocante je n'ai pas résisté longtemps !

Le livre commence par un petit dialogue entre le narrateur (qui est Amélie) et son interlocuteur. Amélie soutient la thèse que l'ensevelissement de Pompéi n'est pas hasardeux, qu'il est un crime prémédité par les scientifiques du futur voulant préserver les trésors de la ville antique.
Suite à cet échange verbal,elle se fait opérer et se réveille en 2580. Celsius est chargé de la surveiller car il s'avère que lui et le chef de son gouvernement sont à l'origine du drame de Pompéi...
S'ensuit une succession de répliques cinglantes où Amélie tente de savoir ce qu'il lui est arrivé et les bouleversements que le monde a subit.En effet Celsius ne veut pas la laisser sortir,lui dire quelles événements atroces se sont déroulés au 22ème siècles et bien d'autres choses encore...
Je crois que c'est le Nothomb le plus drôle que j'ai lu,Amélie s'en donne à cœur joie usant de sarcasme et de figures de style. Elle essaye de pousser à bout Celsius,elle est plutôt doué pour ça, et prouve ainsi que le langage peut-être une arme...
Par contre,elle utilise des mots de vocabulaire un peu trop compliqué pour moi mais heureusement cela ne m'a pas empêché de comprendre l'histoire. Ce livre est ,pour notre plus grand plaisir,un peu plus long que ces autres romans.
A travers ce roman,elle critique notre société et imagine les conséquences(à l'extrême) de nos actes.
Ainsi en 2580,les passages jugés trop tristes des livres sont supprimés,le mariage est un contrat résiliable tous les trois ans comme la quittance de loyer,afin de limiter les divorces.La société est hiérarchisée par niveaux intellectuels allant des Entonnoirs au Grand.Selon Celsius,Amélie ferait partie des betteraves...
Ça se lit très vite et on s'amuse beaucoup , un petit bijoux d'ironie !


Citations:
-Alors pour vous, dès qu'il y a de l'amour quelque part, on est dans l'univers des concierges ? Tristan et Iseut , Phèdre, c'est pour les concierges ?


-Je n'y puis rien . Quand j'entends un assassin parler de petites fleurs, j'ai des sarcasmes plein le cerveau.

jeudi, septembre 09, 2010

Une forme de vie de Amélie Nothomb

4ème de couverture:
"Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau."


Chaque année,à l'occasion de la rentrée littéraire, paraît le nouveau roman d'Amélie Nothomb.
Le précédent,le voyage d'hiver,m'avait un peu déçu.Je me suis tout de même plongée avec plaisir dans son nouveau livre.Comme d'habitude la quatrième de couverture ne nous apprend rien et,ainsi que le titre, est plutôt énigmatique.
Cette simple phrase nous annonce quand même que le roman est épistolaire.
Le débit est in média res;nous sommes tout de suite plongé dans le récit:
Un soldat Américain en guerre en Irak envoi un mystérieux courrier à Amélie.C'est ainsi que commence la correspondance entre Amélie Nothomb et Melvin Mapple.
Melvin voit en Amélie une confidente.Il lui livre ses problèmes et en particulier son problème avec la nourriture.La nourriture est en effet un thème récurrent des romans Nothombien.
Melvin explique à sa correspondante que les soldats recréés les explosions du front dans leur ventre.La bouffe devient leur drogue.Après chaque journée au front,ils se jettent sur la nourriture.C'est pour eux une façon de se punir et de se venger du gouvernement:en effet ils coutent cher en nourriture mais aussi en vêtements,en soin...
Au sens propre comme au figuré ils portent le poids de leurs crimes.Ils deviennent prisonnier de leur corps mais aussi du front.En effet,en rentrant dans leur Amérique natal ils seraient critiquaient,raillaient:"Qu'est ce que vous avez fait en Irak à part manger?".
De plus,leur poids est un insulte au peuple Irakien qui meurt de faim.
Dans ce roman,Amélie Nothomb mêle deux sujets d'actualité:la guerre en Irak et l'obésité.
Son style est toujours aussi agréable,incisif et drôle.On n'a pas envie d'en perdre une miette.J'ai déjà envie de le relire,il se lit tellement vite !Le scénario est vraiment étonnant.
Le personnage du soldat Américain est fictif mais d'après l'auteure le reste est vrai.Elle nous parle de son amour pour la correspondance,des lettres surprenantes qu'elle reçoit.Cela m'a donné envie d'entretenir une corespondance.
En bref pour moi ce livre est un vrai régale,un petit bijou !!

Citations:
De toutes les drogues,la bouffe est la plus nocive et la plus addictive.


Derrière toute oeuvre, se cache une prétention énorme, celle d'exposer sa vision du monde.


C'est encore ce problème de la frontière: l'autre passe par votre vie, il faut accepter qu'il puisse en sortir aussi facilement qu'il y est entré.

*Par ici une interview d'Amélie Nothomb accordait à L'Express: http://www.lexpress.fr/culture/livre/amelie-nothomb-je-suis-une-mystique-sans-religion_915327.html?XTOR=EPR-618

vendredi, juillet 02, 2010

Acide Sulfurique d'Amélie Nothomb


4ème de couverture:
Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle.
A.N.

Une petite fable cynique jonglant à souhait avec le beau et le laid,le bien et le mal.
Metro


Me voici de nouveau avec un roman d'Amélie Nothomb,une de mes auteurs favoris.
On ne sait pas trop à quoi s'attendre avec ce livre,la 4ème de couverture ne comportant qu'une seule phrase.La couverture est plutôt belle mais aussi cruelle....
Cruelle comme l'histoire dont il est question.
Des êtres humains sont pris au hasard et entassés dans des wagons les emmenant dans un camp de concentration. La seule différence avec les camps nazis : "des caméras de surveillance étaient installées partout."
C'est en effet, une émission de télé-réalité d'un nouveau genre appelé "Concentration" dont l'audience ne fait que croitre.
Pannonique s'est trouvée au mauvais endroit,au mauvais moment: elle fait désormais partie des prisonniers et est devenue CKZ 114.
Pour être kapo,aucune qualification n'est nécessaire,c'est ainsi que Zdena est choisie.
Celle-ci est tout le contraire de Pannonique qui l'obsède alors...
A travers ce livre,on retrouve le style si particulier d'Amélie Nothomb.Les personnages ont des noms "à coucher dehors",le livre est plutôt court et se lit très vite.Il est divisé en cinq parties.
L'auteur maitrise toujours aussi bien l'humour et l'ironie.On rencontre des personnages cruelles et pervers.On se demande si on serait devant notre poste de télévision si une telle émission existait.
Dans ce livre,l'auteur critique en effet la télé-réalité,le voyeurisme qui lui est associé et cette critique est très efficace. Après l'avoir refermé,on regarde d'un autre œil ce genre de programme. On se rend compte que c'est à cause de nous, téléspectateur que la télé-réalité existe.Je n'aimais déjà pas ça mais je crois que je n'oserais plus rester devant ces émissions.
Et puis,bien sur,on veut savoir la fin,est-ce que les prisonniers et en particulier Pannonique vont survivre?L'audience va-t-elle redescendre?Et comme toujours avec Amélie ,ce n'est qu'à la fin du livre qu'on comprend son titre.
Ce livre mérite vraiment d'être lu....

Citations:
« Ce n’est pas pour rien que les humains portent des noms à la place des matricules: le prénom est la clé de la personne. C’est le cliquetis délicat de sa serrure quand on veut ouvrir sa porte. C’est la musique métallique qui rend le don possible. Le matricule est à la connaissance de l’autre ce que la carte d’identité est à la personne: rien. »


"-Je ne prétends pas vous connaître.Le mépris, c'est aussi de croire connaître ce que les autres ont d'inconnaissable. J'ai une intuition à votre sujet, c'est tout. Mais vos ténèbres en sont aussi pour moi."


" Je me suis souvenue de cette phrase d’un héros algérien, dit Pannonique: ‘Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs."

dimanche, mai 23, 2010

Le sabotage amoureux d'Amélie Nothomb

4ème de couverture:

Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n'est qu'un épilogue ? Vous l'apprendrez et bien d'autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans.




Me voila de nouveau avec un livre d'Amélie Nothomb. J'ai eu plus de mal à rentrer dans le livre cette fois.Difficile de se mettre dans la peau d'une petite fille de 7ans exilé dans la Chine communiste.Cette fillette n'est autre qu'Amélie,en effet ce roman est autobiographique.
Des enfants de nationalité divers se retrouvent dans un "ghettos" de la Chine communiste,c'est l'occasion pour eux de continuer la seconde guerre mondiale à leur façon.La jeune narratrice se plait à jouer les éclaireurs mais elle va être bouleversée par l'arrivée d' Elena ,Italienne à la beauté éblouissante.
L'utilisation d'un vocabulaire très élaboré m'a beaucoup gêné au début du livre.Je dois avouer que mon niveau de vocabulaire est plutôt médiocre...
De plus je n'apprécie pas vraiment le thème de la guerre,même si ce n'est qu'entre des enfants.
J'ai réellement accroché lorsque la narratrice tombe amoureuse d'Elena.J'ai aimé la vision de l'amour de cette enfant de 7ans.C'est à la fois touchant et cruel.Sa vision des garçons m'a également beaucoup amusé.Cette histoire m'a replongé de mon enfance,j'ai essayé de me rappeler qu'elle était ma façon de penser à 7ans...
Malgré un début difficile,ce livre m'a beaucoup plu,je ne suis pas déçue.

Citations:
"Quand je serai grand,je penserai à quand j'étais petit"


"Qu'est ce qu'une fleur? Un sexe géant qui s'est mis sur son trente et un"


Et un extrait que j'ai bien aimé:
"L'élite de l'humanité était les petites filles. L'humanité existait pour qu'elles existent. Les femmes et les ridicules étaient des infirmes. Leurs corps présentaient des erreurs dont l'aspect ne pouvait inspirer autre chose que le rire. Seules les petites filles étaient parfaites. Rien ne saillait de leurs corps, ni appendice grotesque, ni protubérances risibles. Elles étaient conçues à merveille, profilées pour ne présenter aucune résistance à la vie. Elles n'avaient pas d'utilité matérielle mais elles étaient plus nécessaires que n'importe qui, car elles étaient la beauté de l'humanité - la vraie beauté, celle qui est pure aisance d'exister, celle où rien ne gêne, où le corps n'est que bonheur des pieds à la tête. Il faut avoir été une petite fille pour savoir combien il peut être exquis d'avoir un corps."


samedi, mai 22, 2010

Cosmétique de l'ennemi d'Amélie Nothomb

4ème de couverture:
Sans le vouloir, j'avais commis le crime parfait : personne ne m'avait vu venir, à part la victime.
La preuve, c'est que je suis toujours en liberté. C'est dans le hall d'un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d'avance. Il lui a suffi de parler. Et d'attendre que le piège se referme. C'est dans le hall d'un aéroport que tout s'est terminé. De toute façon, le hasard n'existe pas.


Ce livre m'a fait tout de suite pensé à une pièce de théâtre:
Jérôme Angust s'apprête à partir en voyage d'affaire à Barcelone mais son avion est retardé pour une durée indéterminée.Ainsi entre en scène un personnage énigmatique Textor Texel (Et oui l'auteur affectionne les noms mystérieux et imprononçable).Ce dernier s'assoit au côté de Jérôme et se met à lui raconter sa vie allant jusqu'à lui faire de sombres révélations...

Ce roman se lit d'une traite(120 pages).Le livre se résume au dialogue entre les deux personnages.
Cosmétique de l'ennemi ou comment une intrusion anodine peut devenir un cauchemar?
L'auteur maitrise toujours aussi bien l'ironie et l'humour sadique que j'aime tant.
Elle amène le lecteur a une réflexion sur l'être,le conscient et l'inconscient.
La fin est tout simplement renversante!
A lire en attendant son avion ;)


Citations:

"Moi ce que j'aime dans la vie ce sont les nuisances autorisées. Elles sont d'autant plus amusantes que les victimes n'ont pas le droit de se défendre."


"C'est flatteur, un viol. Ca prouve qu'on est capable de se mettre hors-la-loi pour vous."

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